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Les référendums interviennent deux semaines seulement après une déroute de la droite italienne aux élections municipales et régionales, qui ont notamment débouché sur la perte de Milan, fief du "Cavaliere".
REUTERS/Stephane Mahe
Les opérations de vote ont repris lundi en Italie. 50 millions d'électeurs sont appelés à se prononcer sur quatre référendums. Et leurs bulletins montrent un nouveau désaveu pour Silvio Berlusconi.
Ces votes, organisés sur initiative de l'opposition, portent officiellement sur la relance du programme nucléaire, sur "l'empêchement légitime" permettant aux ministres de ne pas comparaître devant la justice et sur la privatisation des services de l'eau. Mais la classe politique, et les Italiens en général, y voient plutôt un plébiscite pour ou contre Silvio Berlusconi, dont un nouveau revers dans les urnes pourrait précipiter la chute. Ces référendums interviennent deux semaines seulement après une déroute de la droite italienne aux élections municipales et régionales, qui ont notamment débouché sur la perte de Milan, fief du "Cavaliere".
Vers un rejet écrasant
La participation au vote organisé dimanche et lundi jusqu'à 13H00 GMT en Italie a été très forte, environ 57%, soit bien davantage que le quorum, le taux indispensable pour que les référendums soient valables, selon des résultats officiels portant sur la moitié des villes italiennes. Cela faisait 16 ans que le quorum (50% plus une voix) n'était pas atteint en Italie pour ce type de référendums d'initiative populaire. En outre, d'après un sondage de l'institut EMG, une écrasante majorité d'Italiens - plus de 90% sur chaque question - a rejeté les lois de Silvio Berlusconi.
Beaucoup interpréteront (cette participation) comme une grande victoire de l'opposition, un nouveau coup porté au gouvernement", écrit le quotidien turinois La Stampa dans un éditorial lundi. "Mais la véritable victoire sera différente et elle sera grande: un désir renouvelé de participation des citoyens."
Berlusconi refuse de voter
Le président du Conseil, qui a annoncé qu'il ne participerait pas à ces référendums dits "abrogatifs", aborde ce vote affaibli par trois procès pour corruption et un quatrième pour incitation à la prostitution de mineure et abus de pouvoir.
Pour les observateurs, la rupture n'est plus qu'une question de temps alors que les prochaines élections législatives sont censées avoir lieu en 2013. La Ligue du Nord avait provoqué la chute du premier gouvernement Berlusconi en 1994.
A la suspension des opérations de vote dimanche soir, la participation était légèrement supérieure à 40% des inscrits, ce qui devrait permettre de franchir le quorum fixé à 50% des électeurs plus un lundi à 15h00, heure de clôture de la consultation.
Les sujets du référendum
Le référendum sur le nucléaire suscite les plus vives passions trois mois après la catastrophe survenue à la centrale japonaise de Fukushima-Daiichi. D'après les sondages, une majorité d'Italiens s'opposent à l'énergie nucléaire, dont ils redoutent les risques dans un pays sujet aux séismes. Berlusconi est en revanche un fervent défenseur de l'atome, qu'il juge indispensable à l'avenir d'un pays qui importe quasiment la totalité de sa consommation énergétique.
Deux autres consultations portent sur la privatisation des services de l'eau, présentée par le gouvernement comme une mesure nécessaire au financement d'un service de qualité. Les adversaires de
ce projet affirme qu'il aboutira uniquement à une hausse des prix.
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